Depuis plusieurs mois, le Grand Libreville est confronté à des délestages incessants, plongeant régulièrement ses habitants dans l’obscurité. Le 2 février, la capitale gabonaise a ainsi subi une coupure générale d’électricité d’une heure, sans qu’aucune explication n’ait été fournie aux populations concernées.
Lors de son audition devant le Parlement le 7 mai 2024, Joël Lehman Sandoungout, alors directeur général de la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG), a révélé que l’entreprise souffre de créances importantes, dont l’un des principaux débiteurs est l’État. Il a précisé que « la SEEG est liée à l’État par une concession d’exploitation, et que c’est donc à l’État d’assurer l’investissement, estimé à 475 milliards de FCFA. » Cependant, l’État doit 72 milliards de FCFA à la SEEG et n’a pas payé une seule facture depuis cinq ans.
Ces dettes colossales entravent la capacité de la SEEG à investir dans l’entretien et le développement des infrastructures nécessaires à une distribution stable de l’électricité. Le manque de liquidités compromet également la maintenance des équipements existants, aggravant ainsi la fréquence et la durée des délestages.
Malgré le changement de dirigeants à la tête de la SEEG, avec trois directeurs généraux en l’espace d’un an, la situation ne s’est pas améliorée. Les habitants du Grand Libreville continuent de subir des coupures d’électricité récurrentes, sans perspective claire d’amélioration.
Face à cette crise énergétique sans précédent, il est légitime de s’interroger sur la responsabilité de l’État. En tant que principal actionnaire et débiteur de la SEEG, l’État gabonais doit assumer sa part de responsabilité et prendre des mesures concrètes pour régler ses dettes. Sans une intervention rapide et décisive, les délestages risquent de perdurer, avec des conséquences néfastes pour l’économie et le quotidien des Gabonais.
Il est impératif que l’État honore ses engagements financiers envers la SEEG afin de permettre à l’entreprise de fonctionner efficacement et de fournir un service de qualité aux citoyens. La résolution de cette crise passe par une prise de conscience et une action déterminée de la part des autorités compétentes.

