EDITO : L’ARCHEVEQUE DE LIBREVILLE EST-IL AU DESSUS DE LA LOI?

L’attitude quasi insurrectionnelle de l’Archevêque de Libreville soutenu par quelques hommes politiques dont l’expression de la soudaine foi tranche avec leurs gestions peu catholique des affaires publiques étonne plus d’un. Elle est à rebours de la position de la Nonciature Apostolique ( Ambassade du Vatican ) et du Vatican lui-même qui prônent le dialogue.

Alors que l’Église catholique gabonaise dont il occupe la plus haute fonction depuis quelques mois n’est plus que l’ombre d’elle-même devant la monté en puissance des église dites de réveils, le nouvel archevêque de Libreville semble mener une croisade personnelle contre le Ministre de l’intérieur, prenant parfois des libertés avec les textes régissant les relations entre le saint-siège et le Gabon, comme lorsqu’il affirme que « L’église est la mère de l’Etat » Ce qui est au mieux est une méconnaissance du caractère laïc de la République Gabonaise ou au pire un entêtement encouragé par un agenda que lui seul maîtrise.


Leader malgré lui d’une convergence des luttes qui se met en place grâce à une tribune médiatique hors pair, l’Archevêque de Libreville refuse toute forme de dialogue sur les conditions de réouverture des églises catholiques. Pour le Gouvernement, se sera le 30 octobre 2020 avec un protocole sanitaire strict dont on oeut éventuellement discuter, pour l’archevêque se sera le 25 octobre, une date symbolique pour l’Église du Gabon, certes mais le symbole vaut-il la vie des Gabonais?

La courtoisie obligatoire devant le fait religieux ne devrait pas permettre tous les écarts. La rentrée épiscopale dont il est question peut très bien avoir lieu sans les fidèles, ou alors dans le cadre d’un consensus entre les autorités religieuses et l’Etat seul garant de la sécurité des populations gabonaises n’en déplaise aux extrémistes de la vallée Sainte-Marie.

Pour plusieurs observateurs interrogés, L’Église, encore moins l’Église catholique romaine dont les rôles durant la colonisation et l’esclavage font débat n’est pas et ne sera jamais au-dessus de la République. 


La protection de la santé des Gabonais doit se situer bien au-dessus de la petite querelle d’ego dans laquelle l’Archevêque IBABA veut entraîner le Ministre de l’Intérieur. Que cherche donc l’archevêque de Libreville ? Que cherche-t-il à prouver ? Que cache cet entêtement inutile à chipoter sur un intervalle de 5 jours, serait-il comme cela se dit le cheval de Troie d’un complot politique ?

Des questions qui surviennent au moment où des centaines de Gabonais, des potentiels membres de l’église tirent le diable par la queue après 7 mois d’inactivité, il aurait tout à fait été souhaitable que l’Archevêque porte un plaidoyer bienveillant pour toutes ces petites mains. Une attitude qui aurait donné du sens à cette posture va-t-en guerre.


Ce bras de fer devrait interpeller le Gouvernement sur les dangers d’un Culte qui se croit au-dessus des lois, une fois que cet épisode sera passé et il passera, viendra le temps de remettre les uns et les autres à leurs places respectives avec l’Etat au dessus de la mêlée. 

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