GABON-FRANCE : LES ENJEUX D’UNE RENCONTRE SOUS-TENSIONS DIPLOMATIQUES

Ali Bongo Ondimba et Emmanuel Macron, l’un, président du Gabon et l’autre président de la France ont eu en fin de semaine dernière, à l’Elysée, un tête à tête en marge du 75e anniversaire de l’Unesco. La rencontre qui intervient dans un contexte tendu entre la France et le Gabon revêtait des enjeux assez important pour la poursuite de la coopération historique qui lie les deux pays.

Entre la distance et le rapprochement, le Gabon et la France devraient faire un choix. Continuer de s’ignorer alors que le bateau dans lequel ils étaient tous deux embarqués coulait ou entrevoir des solutions pour le sauver. Les deux pays ont choisis l’option pacifique. Celle de s’asseoir et de discuter pour mieux se comprendre. Comprendre leurs différents, afin d’entrevoir l’avenir.

C’est sous cet angle qu’il faut apprécier la rencontre en fin de semaine dernière entre Emmanuel Macron et Ali Bongo Ondimba, respectivement présidents des Républiques française et gabonaise. Face aux tensions qui se sont superposées ces derniers mois et ont entaché leur relation, les deux pays ne pouvaient en effet indéfiniment se tourner le dos. Ignorer les tares qui entachent leur relation et sombrer dans l’immobilisme d’un refus de recherche de solution.

Du dossier concernant le rapatriement du contingent gabonais de la Minusca en RCA, au repli des investissements français dans l’économie gabonais au profit des asiatiques notamment de la Chine, au Commonwealth, aux ingérences de la France dans des dossiers gabonais…de nombreux sujets qui divisaient les deux pays, nécessitaient que les deux présidents s’y attardent.

Le moins que l’on puisse dire est que la sagesse présidentielle à primer. Puisque tout semble désormais rentrer dans l’ordre. Une preuve qui motive à s’accrocher à cette possibilité n’est autre que la sortie chaleureuse au fronton de l’Elysée entre Ali Bongo Ondimba et Emmanuel Macron. Il faut dire qu’il y a longtemps que les gabonais ne s’étaient plus habituer à une telle proximité entre un président français et gabonais.

Il y a des années en arrière, avec l’arrivée d’Emmanuel Macron à la tête de l’Etat français, cette proximité s’est dégradée, imposant une distance entre la France et le Gabon. Cela pourrait désormais n’être qu’un vieux souvenir.

Michaël Moukouangui Moukala