RÉGIES FINANCIÈRES : PRÈS DE 2 MILLIONS DE FCFA DE PRIME MENSUELLE PAR AGENT ?

Qualifié de grève « d’enfants gâtés » par certains confrères, le mouvement d’humeur de la Fédération des Collecteurs des Régies financières (Fecorefi) permet de lever le voile sur une entreprise qui met en danger la surface financière de l’État.

Selon des sources proches de la Fecorefi, le mouvement d’humeur de ces derniers jours serait dû par l’application stricte du « décret n°00429/PR/PM instituant une Prime à la performance budgétaire (PPB) » En effet selon les termes de ce décret, le paiement de la prime de performance avait été adossé à un certains nombres d’objectifs. Ces objectifs n’ayant pas été atteint le gouvernement s’est vu dans l’incapacité de payer des primes à la « performance » .

Cependant, la Fecorefi fustige une décision unilatérale en l’absence d’un comité d’administration chargé de veiller à la bonne application du décret. Comité prévu dans le décret décret n°00429/PR/PM . Si les autorités du ministère de l’Économie avaient voulu saboter l’application de ce décret, elles ne s’y seraient pas pris autrement. D’ailleurs le silence des ministres concernés depuis le début de la grève, notamment celui du ministre de l’Économie interpelle les observateurs avertis.

Décidé de se faire payer des primes malgré l’absence de performance, les syndicalistes des Régies financières auraient donc proposé au gouvernement un paiement au prorata des résultats obtenus. Une mécanique grotesque et intenable qui consisterait à faire du paiement de la prime d’un petit nombre d’agents une priorité devant les missions régaliennes au bénéfice du plus grand nombre de gabonais et gabonaises.

Il faut dire que payées par le passé à tous les agents des régies financières sans véritable évaluation individuelle, les primes sont devenus un véritable sursalaire qui  fait des régies financières, l’administration la plus enviée de la fonction publique.  

Comparé à leurs homologues des autres administrations, les 3000 agents des régies financières se partageraient mensuellement un magot de près de 6 milliards de FCFA  tous les mois. Soit une moyenne de 2 millions de FCFA par agent. Une manne financière qui explique sans doute le jusqu’au boutisme et  la ténacité des responsables syndicaux même au préjudice des caisses de l’État.

D’ailleurs en conférence de presse le 19 mars 2021, Sylvain Ombidha Talheywa, le Porte-parole de la Fédération des Collecteurs des Régies Financières (Fecorefi)  avait prévenu « que les agents des régies affamées représentent un danger pour les caisses de l’État, des comportements déviants à la chaîne. Et c’est le budget de l’État qui va en pâtir ». Une menace à peine voilée sur les capacités pour ces derniers à se livrer à des actes de corruption en l’absence de la satisfaction de leurs revendications.

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