SOCIÉTÉ : LE SILENCE GÊNÉ DE LA CPG SUR LES 241 MILLIARDS DE DETTES ANNULÉS

Le silence de la très puissante Confédération patronale Gabonaise ( CPG) sur les révélations scandaleuses de la Task Force sur le règlement de la dette intérieur suscite des questions dans l’opinion publique. 

Cette semaine, nous apprenions que les experts de la Task Force avaient réussi à faire annuler 241 milliards de créances douteuses après analyses approfondies sur pièces et sur le terrain. Plusieurs entreprises auraient facturé l’Etat pour des prestations qu’elles n’ont jamais effectuées. Il est surprenant qu’après ces graves révélations, la CPG, qui se présente comme un interlocuteur privilégié du gouvernement dans le cadre du club de Libreville ne se désolidarise pas de telles pratiques mafieuses.

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En 2017, la Confédération Patronale Gabonaise (CPG) se targuait pourtant d’être une force de proposition,  d’ailleurs dans le cadre du paiement de la dette intérieure, la CPG n’avait pas hésité à faciliter un deal entre une banque internationale et l’Etat Gabonais afin d’accélérer le paiement cash selon ses propres termes de la dette intérieure. Un deal qui aurait sans doute permis à plusieurs entreprises de se faire payer des prestations qu’elles n’ont jamais effectuées.

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Jean Marie Ogandaga, Ministre de l’Economie affirmait que dans le cadre du paiement d’une première tranche en décembre 2019 que l’Etat avait payé 2 ou 3 fois les mêmes entreprises. En plus de découvrir que les experts du ministère de Jean Marie Ogandaga et ceux du trésor public gabonais ne maîtrisent pas la fonction « trier » d’Excel, c’est le silence de la CPG devant ces dérives continues qui interpelle.

Cette semaine, ce sont 241 milliards de dettes fantaisistes qui ont été annulées par la Task Force. L’équipe pluridisciplinaire s’est rendue compte sur le terrain que plusieurs prestations facturées à l’Etat étaient inexistantes. 
Ce travail fait suite à un rapport plutôt léger du Cabinet PricewaterhouseCoopers(PWC) qui avait fait un audit de la dette sur pièce uniquement, un manque de vigilance qui aurait pu coûter à l’Etat gabonais plusieurs centaines de milliards de Francs CFA. Cette attitude pose la question de la sincérité des audits de certains cabinets au Gabon.

Cette absence de réaction de l’organisation dirigée par Alain Ba Oumar pourrait laisser croire à une gêne au sein de la CPG. Combien de dettes avant celles-ci ont été payées après un lobbying appuyé de l’organisation? Ce silence peut tout dire, mais surtout, il passe mal. 

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