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Affaire kevazingo le gouvernement ira-t-il jusqu’au bout ?




La porte-parole du gouvernement Nanette Longa, a livré les noms des hauts fonctionnaires et des simples agents impliqués dans le scandale de la disparition de 353 conteneurs placés sous mains de justice. Mais tous ont été suspendus à titre provisoire. 

À première vue, le gouvernement a montré qu’il compte sanctionner les personnes qui ont trempé dans le scandale du kevazingo. Si on peut tirer un coup de chapeau au gouvernement qui a sanctionné 10 personnalités aux ministères des eaux forêts, de l’économie et de l’intérieur dont 5 directeurs, notamment les directeurs de cabinet des ministres des Eaux et Forêts et celui de l’Économie, on peut se demander s’il ira jusqu’au bout. 


Pour le moment, ces hauts fonctionnaires ont été suspendus à titre provisoire. L’opinion reste certainement sur sa faim habituée à ce type d’annonce sans suite conséquente. Derrière cette énorme opération frauduleuse évaluée, à plus de 10 milliards de FCFA, il y a une essence interdite d’exportation volée alors qu’elle était sous mains de justice. Derrière ce scandale, il y a toute l’attention internationale portée le Kevazingo. 


Des questions se posent. Pourquoi sanctionner à titre conservatoire quand on pouvait sanctionner une bonne fois pour toute comme si on ne veut pas trop accabler ceux qui sont impliqués. 

Certes, l’enquête suit encore son cours, mais on ne peut pas infliger le même niveau de sanction à tout le monde. Même si officiellement l’enquête suit son cours, beaucoup pensent que c’est de petites sanctions. Le gouvernement avait la capacité de sanctionner plus que cela. Il y a quand même des personnalités qui sont plus impliquées que d’autres dans ce scandale. Le niveau de responsabilité n’est pas le même. 

Le temps pourrait jouer en faveur des mis en cause, car ils peuvent encore être disculpés. 
Au Gabon, ce ne sera pas la première fois que de hauts fonctionnaires soient suspendus à titre conservatoire, avant que l’opinion n’apprenne qu’ils ont été promus quelques mois plus tard dans une autre administration. 


L’on constate à la lecture de ce communiqué que certains mis en cause, et suspendus à titre provisoire dans ce qu’on nomme aujourd’hui le kevazingogate, sont des proches des ministres et de hautes personnalités du pays. Certains responsables suspendus ne vont-ils pas user de leurs relations dans la haute hiérarchie gabonaise pour que le gouvernement n’aille pas au bout de sa logique ?


La question vaut son pesant d’or et pour tout observateur rompu aux faits divers politiques du Gabon, le fait que la plupart appartiennent au Parti démocratique gabonais donc à la majorité présidentielle laisse sceptique. Le gouvernement, pourra-t-il se faire violence en sanctionnant durement ses camarades ?

La justice gabonaise a l’habitude de dire devant les médias qu’elle subit les pressions de la part de l’exécutif pour biaiser les enquêtes et stopper les poursuites judiciaires. Dans ce cas précis, le gouvernement laissera-t-il la justice faire son travail ? 
Dans quelques semaines, la justice ne viendra-t-elle expliquer que les preuves et les témoignages qui ont conduit à leur suspension provisoire ne sont pas suffisants ou qu’il y a eu vice de procédure ? En tout cas doute persiste. 

Pamphil EBO 

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