APPEL À L’ANNULATION DE LA DETTE AFRICAINE : LES AVIS DIVERGENT

Plusieurs pays africains sont entrés en récession économique, suite au début de la pandémie du coronavirus. Le principal défi est donc de pouvoir amortir le choc économique causé par la crise. Emmanuel Macron, le président français, s’est montré favorable à une annulation de la dette des pays africains. Sur cette option d’annulation de la dette, les prises de position divergent.

Selon le ministre béninois de l’Économie et des Finances, Romuald Wadagni, une annulation de la dette serait une mauvaise chose pour les pays africains. Elle enverrait un mauvais signal aux marchés financiers. Elle  entraînerait par conséquent une hausse des taux d’intérêt exigés par les créanciers pour acquérir de nouveaux prêts.

Cette annulation offre dans l’immédiat, une marge de manœuvre budgétaire, mais elle aurait un impact négatif à plus long terme. Pour lui, un moratoire ou une annulation de la dette rentrerait dans une sorte d’indulgence demandée aux créanciers et cela ne constitue pas une solution structurelle aux problèmes économiques des pays africains.

D’autres leaders africains comme le ministre sénégalais des Finances et du Budget, Abdoulaye Daouda Diallo, l’annulation de la dette africaine est nécessaire pour que la crise due au covid-19 ne se transforme pas en drame économique et social durable. Pour lui, la perception des créanciers des pays africains reposent sur la volonté d’honorer à date, les engagements financiers souscrits. Il faut donc relativiser cette perte de confiance qui pourrait toucher les pays africains vis-à-vis des marchés financiers.

Les mesures prises en 2009 à travers l’initiative Pays pauvres très endettés (PPTE) avaient déjà porté leurs fruits. Une annulation de la dette devrait apporter des marges de manœuvres budgétaires additionnelles pour permettre aux pays africains de faire face à la pandémie du Covid-19.

Pamphil EBO

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