spot_img

Egalité des genres : Réflexion sur la mise en œuvre de la loi paritaire au Gabon

La « conférence nationale du management autrement » (CNAMA) en collaboration avec la direction de la promotion des investissements a organisée du 10 au 11 Mai à Libreville, les travaux de l’atelier de réflexion sur la mise en œuvre de la loi paritaire sur l’égalité des genres. L’objectif principal était de traduire en actes cette disposition constitutionnelle et mettre en place un cadre de réflexion regroupant entre autres, les organisations de la société civile et faitières des femmes, les institutions de l’État, les agences des Nations unies et les partenaires techniques et financiers.

Les femmes pourraient apporter beaucoup plus en termes de croissance et de développement. Mais toute une série d’obstacles les freinent.

«Cet atelier de réflexion revêt d’une importance capitale, pour l’avenir de la femme. Car, il permet de rendre efficace et applicable, les textes de la parité, pour la compétitivité des femmes dans les instances décisionnelles. C’est pourquoi, il a permis aux différentes participantes concernées, d’apporter leur contribution dans la mise en œuvre de cette loi. C’est un combat mené par les femmes, pour faire entendre leur voix. La femme doit suffisamment être  représentée dans d’autres instances décisionnelles», a affirmé la membre de la conférence nationale du management autrement (CNAMA), l’Honorable député, Angélique Ngoma.

Encore décrié pour les  inégalités des droits et de chances de genre, le Gabon perd l’utile contribution des femmes dans la réalisation de ses objectifs de développement humain durable. Un fait qui permet au pays, d’élaborer la loi portant organisation du régime de la parité pour s’arrimer au caractère «d’égalité» prôné dans sa  constitution.

Selon un rapport de l’ONU de 2014 sur les Objectifs du Millénaire pour le Développement, Globalement, les femmes sont surreprésentées dans les postes administratifs et de soutien (63%) en comparaison avec les postes de direction (33%) (chiffres ONU Femmes).Les femmes représentent dans les pays en développement la vaste majorité des travailleurs pauvres. En Afrique subsaharienne par exemple, environ 8 femmes sur 10 travaillent dans des conditions vulnérables.

Cette loi devrait renforcer l’engagement de l’État gabonais, à bâtir une société plus juste où les comportements, les aspirations et les différents besoins de l’homme et de la femme sont pris en compte. Et ainsi promouvoir l’équité de genre et de l’égalité des droits, de chances et de sexes. Le point de départ s’identifierait par exemple par la participation équitable de la femme et de l’homme dans la gestion des affaires de l’État.

Les femmes restent sous-représentées dans les espaces décisionnels. En Afrique subsaharienne seulement 23% confère une place centrale à la promotion de la participation des femmes à la vie politique.

Le volume total des engagements des membres du Comité d’aide au développement (CAD) ciblant l’égalité de genre et l’autonomisation des femmes a plus que triplé, passant de 8 milliards de dollars US en 2002 à 28 milliards de dollars US en 2013. Ces engagements portaient essentiellement sur l’éducation et la santé, conformément aux Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD).

Néanmoins en 2013, seul 2% de l’aide bilatérale destinée à l’autonomisation économique des femmes avaient pour objectif principal l’égalité des sexes. Les engagements, dans ce domaine, exprimés en pourcentage de l’aide bilatérale totale apportée aux secteurs économiques et productifs n’ont pas évolué depuis 2007-2008 (source : Comité d’aide au développement (OCDE-CAD), 2014).

«Les enjeux de cet atelier ont permis de resituer le cadre de réflexion qui tiennent en compte de toutes les catégories des femmes. C’est pourquoi, il est temps de veiller, à ce qu’il y ait 50 % des femmes dans les instances décisionnelles qui permettront aux décideurs, d’établir les déroulés et les moyens susceptibles de faire face à ces inégalités sur le genre. Il s’agit là d’une nouvelle génération des droits des femmes vers une société de l’égalité réelle», a conclu la magistrate de la Cour de cassation et procureure générale adjointe près de la Cour d’appel de Libreville, Marie Anne Mboga.

Il convient de rappeler que ce texte ambitionne de s’attaquer aux différentes inégalités d’habitude, dans le plus jeune âge en plaçant la lutte contre les inégalités au cœur de la démocratie sanitaire, de protéger les femmes et les jeunes filles contre les violences basées sur le genre.

Aujourd’hui, encore près de 220 millions de femmes désirant limiter et/ou espacer les grossesses sont dépourvues d’accès aux méthodes modernes de contraception provoquant chaque année plus de 80 millions de grossesses non désirées et plus de 20 millions d’avortements dans des conditions non sécurisées.

Enfin, les femmes continues de subir plusieurs formes de violences et sont les premières victimes des conflits armés où les viols sont utilisés comme arme de guerre. Au cours de leur existence, on estime jusqu’à 70 % la part des femmes dans le monde confrontées à la violence physique ou sexuelle, une femme sur trois âgée de 15 à 49 ans a subi des actes de violences physiques et/ou sexuelle commis par un partenaire intime. Cette réalité touche toutes les régions du monde.

Selon une étude sur l’homicide par l’ONUDC, on estime que la moitié des femmes assassinées dans le monde en 2012 l’ont été par un partenaire intime ou par un membre de leur famille. Environ 120 millions de filles dans le monde (soit un peu plus d’une sur dix) ont déjà été forcées à avoir des relations sexuelles ou à s’adonner à d’autres actes de nature sexuelle à un moment donné de leur vie.

Le Gabon a ratifié plusieurs conventions d’instruments juridiques internationaux, régionaux et sous régionaux dans la perspective, de promouvoir la femme dans les domaines politiques, économiques, socioculturels et de la santé.

Caistab
Gabon Égalité
Livraison
Caistab
Urban FM
Fondation Sylvia Bongo Ondimba pour la Famille