CHF : DES ORGANISATIONS DE LA SOCIÉTÉ CIVILE APPELLENT À UNE CONCERTATION ÉLARGIE

GMTMD, Brainforest, Terre et Communautés (TrCom), Croissance saine environnement, Muyissi environnement, Justice sans frontière et Eco du Gabon, six organisations de la société civile œuvrant dans le domaine de l’environnement ont milité, la semaine dernière, en faveur d’un groupe de travail multipartite en vue de trouver des solutions à la problématique du conflit homme-faune (CHF).

Véritables épines dans le déploiement des politiques du ministère des Eaux et forêts et de l’Agence nationale des parcs nationaux (ANPN), le Conflit homme-faune (CHF) met en avant l’échec d’une cohabitation entre l’homme et l’animal au Gabon.

Si l’éléphant est l’animal au centre de cette préoccupation, de nombreux facteurs selon certains observateurs auraient concouru à favoriser l’envahissement de cet animal dans les environnements dédiés aux hommes. Parmi ces facteurs, il y a l’attribution “anarchique”, des concessions forestières aux exploitants forestiers.

En effet, à fait remarquer un spécialiste du Conseil économique, social et environnemental (CESE), sur 2500 villages répertoriés dans l’arrière-pays, 1400 sont dans une concession forestière. Le risque d’un conflit est donc imminent entre l’homme et les animaux si l’on s’en tient à ces statistiques.

Si pour la seule année de 2021, environ une dizaine de personnes ont été victime de ce conflit dans l’arrière-pays, le cas de Mékambo, dans la province de l’Ogooué-Ivindo, secoué en juin dernier par un soulèvement des populations ayant couté la vie à un écogarde, est révélateur des tensions qui peuvent découler de cette problématique.

Face au peu d’efficacité des politiques publiques dans la lutte contre ce phénomène qui prend au Gabon, des proportions inquiétantes, les organisations de la société civile (OSC) veulent se joindre à l’Etat en proposant des solutions susceptibles d’atténuer ce conflit.

L’objectif de leur démarche qui s’est soldée en fin de semaine par l’annonce d’une contribution sur cette problématique, vise l’atténuation de celle-ci.
Pour ces organisations, “les CHF obligent l’ensemble des acteurs : institutionnels, sociétés civiles et opérateurs économiques à agir face à la pression morale et physique que cause la faune et les activités anthropiques des hommes sur les ressources naturelles”.

En plus des propositions concrètes, les OSC estiment par ailleurs que le renforcement du corpus juridique de la politique environnementale nationale est plus que nécessaire et capital pour lutter contre ce problème.

Reconnaissant la “complexité” de la problématique, le directeur de la gestion de la faune et de la chasse, Mibambani Ndimba Aime Serge voit en les Assises nationales sur la question du Conflit homme-faune, l’ombre d’une solution qui prendra en compte l’ensemble des positions.

Michaël Moukouangui Moukala