MINISTÈRE DES EAUX ET FORÊTS : ATTENTION À LA MANIPULATION SYNDICALE

La garde à vue de Didier Atome Bibang, le président du Syndicat National des personnel des eaux et forêts (SYNAPREF)  a été levée jeudi soir au terme de sa durée légale. Il est sous le coup d’une plainte pour diffamation, à l’initiative de ses collègues, envers lesquels aurait tenu des propos diffamatoires. Malgré l’amalgame savamment entretenu par certains activistes politiques et certains médias, le Ministère des Eaux et Forets, de la Mer, et de l’Environnement, chargé du plan climat avait précisé qu’il s’agissait d’une procédure de droit commun.

La pratique syndicale gabonaise continue de briller par un mélange de genre et un amalgame d’agenda entre politique et revendications sectorielles. Un cafouillage entretenu par une législation laxiste en la matière. Il n’est pas rare de voir des syndicats sectoriels sortir de l’objet réputé de leurs missions pour se lancer sur des débats d’autres secteurs. Un des exemples les plus probants et la dernière sortie d’une confédération syndicale du secteur de l’Éducation Nationale dont les leaders, n’ont pas hésité à porter un jugement de valeur sur les protocoles médicaux appliqués par le comité de pilotage de la riposte contre la Covid-19 au Gabon.

Cette situation est aussi facilitée par une opinion publique ancrée dans l’émotion.

Dans un contexte où les syndicats peuvent difficilement revendiquer, chiffres à l’appui leur représentativité sectoriel,( Au Gabon en dehors de l’ONEP, très peu de syndicats sont capable de fournir une liste de leur membres, état des cotisations, cartes de membres, NDLR) il n’est pas rare de voir des leaders syndicaux jouer à tenir le discours qui choquera le plus. Sans en avoir à assumer les conséquences, d’ailleurs toute action visant à rétablir le droit est perçue comme une violation des droits.

Pourtant, selon Agoravox «  la liberté d’expression syndicale est la liberté pour les travailleurs de s’exprimer collectivement par l’intermédiaire de leurs représentants, au travers de syndicats. » La limite de cette liberté est la diffamation ou l’injure telles que définis par la loi du Gabon en l’occurrence. C’est cette limite que Didier Atome Bibang aurait transgressée, encouragé dans ce nouveau sacerdoce par des leaders politiques. Une situation au sein de laquelle La défense des intérêts des personnels encartés au sein du SYNAPREF ne semble pas être la priorité. En attendant de revenir à une pratique syndicale basé sur la concertation, Didier Atome Bibang devra répondre de ces actes devant la justice.

Tout ce désordre et les sorties intempestives de ces soutiens ont occulté les véritables missions de ce syndicat qui semble être devenu le fier-à-bras de certains intérêts forestiers qui n’ont pas encore digéré les réformes audacieuses du Ministre Lee White depuis sa nomination à la tête de ce ministère.

A suivre.

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