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Gabon : nominations, Brice Laccruche Alihanga rend le pouvoir aux Tékés

Longtemps accusé de ne pas faire la part belle à ses parents, par une frange de la population adepte d’une manière de gouverner à contresens de sa volonté, le président Ali Bongo a opéré depuis 2009, une mutation de la haute administration, entre choix politiques et compétences. Les nominations entérinées au Conseil des ministres du 26 février reposent sur cette double exigence, même s’il est vrai qu’encore une fois, une ethnie et une province semblent plus privilégiées que d’autres.

Entre 2010 et 2017 ayant vu quelques places-fortes de leur pouvoir tomber dans les mains d’autres ethnies, du fait d’une volonté présidentielle de baser essentiellement les nominations sur les aptitudes plutôt que sur la seule géopolitique, les Tekés, ethnie dont est issu Ali Bongo, ont vu néanmoins leur influence augmenter ses dernières années avec en premier lieu la nomination coup sur coup au poste de Directeur de Cabinet de Martin Boguikouma, un téké et Brice Laccriche Alliangha un Obamba, tous deux de la « province présidentielle »

Si les élites du haut-Ogooué, province d’origine du président Bongo sont souvent pointées du doigt dans la répartition des postes, c’est justement à cause de la mainmise qu’ils ont sur le pays. Et « BLA » a vraisemblablement fait le choix de renforcer l’influence des altogovéens depuis son arrivée en plaçant à la tête de grandes administrations de nouveaux visages mais pour beaucoup issus de l’ethnie TEKE.

Une élite qui se renouvelle entre jeunesse et compétence mais pour beaucoup toujours altogovéenne !

À l’Agence Nationale de Promotion des Investissement Privés ( ANPI) et au Conseil Gabonais des Chargeurs (CGC) se sont deux Tekes de Franceville et Ngouoni qui étaient aux commandes jusqu’au 26 février, toutes deux ont été promus à deux autres hautes fonctions dans l’administration centrale. Quant à Sayid Abeloko un autre téké de Bongoville ancien directeur de l’Office des Ports et Rades du Gabon (OPRAG) il a été promu ambassadeur au Togo avec compétence sur le Bénin et le Ghana. Il est remplacé au poste de DG de l’office par Laccruche Lelabou, lui aussi altogovéen.

L’exemple de ces personnalités renforce l’idée selon laquelle, si la jeunesse et la compétence guide désormais un pourcentage non-négligeable des choix de l’exécutif dans les nominations importantes, il n’en demeure pas moins que la géopolitique semble encore être la pierre angulaire de nominations stratégiques depuis l’accession du nouveau Dircab.

Désigné comme étant un de maîtres d’œuvre des nominations dans la haute administration, le Directeur de Cabinet d’Ali Bongo, Brice Laccruche Alihanga, aura su faire pencher la balances du côté des siens malgré des choix décriés par d’anciens caciques du régime. Même si ses proches le défendent de faire la part belle aux parents du président Bongo, sur le terrain la vérité est tout autre, ses « frères » sont bien représentés dans la machine décisionnelle Gabonaise.

La montée des fangs avec le nouveau PM

Cette situation renvoie au niveau de palabres et débats nés des récentes nominations au sein des cabinet du Premier ministre, en effet, oubliant que les nominations des cabinets ministériels obéissent en premier lieu à des choix politiques, certaines opinions ont été émise pour crier à « l’éthnicisme » dans le choix des collaborateurs de Julien Nkoghe bekalé.

Mais que les altogovéens et proches de BLA restent rassuré, le président de l’AJEV veille bien sur leurs intérêts… À moins que certains aient envie de nous faire croire qu’un poste de secrétaire de cabinet chez le Premier ministre soit plus prestigieux que prendre la tête de l’OPRAG par exemple ou d’une ambassade.

6 ambassadeurs Tékés sur les 32 représentations diplomatiques Gabonaises

Comme en 2009, le traitement réservé aux élites originaires de la province du Haut-Ogooué est source de clivages.

«Depuis fin 2017, les tékés sont revenus en force dans la gestion du pays, certains se plaignent toujours, car ils veulent tout avoir comme avant, mais ce n’est pas ça l’égalité des chances. Pourtant, sur les 32 ambassades que compte le Gabon dans le monde, il y a au moins 6 ambassadeurs d’origine téké» rappelle Claude, membre de la majorité présidentielle.

Long de 42 pages, le communiqué final du Conseil des ministres du 26 février dernier est venue confirmer l’assertion selon laquelle la grande famille altogovéenne sont toujours « aux commandes » malgré la montée d’une élite plus intellectuelle que politique. Difficile de ne pas voir la main du Directeur de cabinet d’Ali Bongo qui, selon des rumeurs incessantes, fait la pluie et le beau temps lors des nominations aux postes stratégiques en privilégiant la montée en puissance des siens dans le nouveau paysage politique du pays.

Malgré une avancée significative dans l’ascension d’une nouvelle classe politique, certaines « traditions » semblent encore avoir de beaux jours devant elles et certains acteurs importants, en tête desquels Brice Laccruche Alihanga, apparaissent comme les gardiens de ce temple d’un autre âge.

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