Crise des devises – zone CEMAC: Les banques  en partie fautives

Au sorti de la réunion des ministres de l’Economie de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (Cémac), tenu à Douala (Cameroun), il y a quelques jours, les banques ont été incriminées dans la crise des devises. Le ministre gabonais de l’Economie, des Finances et des Solidarités Nationales, Guy Roger Owono Mba, s’est prononcé sur le sujet.

La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), a détecté plusieurs banques ayant violé la loi. Entre avril et mai 2019, les banques ont importé plus de 60 milliards de francs CFA, sans autorisation préalable de la BEAC. Elles ont été sanctionnées. « Ce qui est demandé aux banques, c’est qu’elles utilisent d’abord leurs réserves de devises, avant d’utiliser les devises de la communauté auprès de la BEAC », a déclaré le ministre Guy Roger Owono Mba, à notre confrère du quotidien ‘’L’Union’’.

D’autres banques n’hésitent pas à effectuer volontairement des manœuvres pour créer ’’une pénurie spéculative’’. Selon la BEAC, certaines banques de la CEMAC retiennent les dossiers de transferts des sociétés stratégiques, en leur faisant croire que leurs demandes avaient été rejetées par la BEAC, alors même qu’elles n’y avaient jamais été déposées.

« Depuis des années, les banques ont pris des libertés avec la règle du jeu. Elles préfèrent conserver les devises à l’étranger pour faciliter les opérations, pour éventuellement faire du trading de devises entre elles et gagner de l’argent plutôt que de les rapatrier à la BEAC en échange de CFA sonnant et trébuchant », a déclaré Thibaut Bidet, le chef du pôle macro-économique et financier du service économique de l’ambassade de France au Cameroun, sur RFI.

Cette situation créée par les banques a de nombreuses conséquences. Au Cameroun par exemple, les entreprises en pâtissent. « Ce manque de devises est d’une ampleur sans précédent dans notre pays. Il se traduit au niveau des entreprises par un ralentissement considérable des opérations d’importation d’intrants, de produits et d’équipements de production, ainsi que de maintenance de l’outil de production. Cette pénurie pourrait contraindre les entreprises à suspendre, voire cesser leurs activités du fait d’une perte de confiance dans des relations distendues avec leurs fournisseurs et partenaires extérieurs », indique un communiqué du Groupement inter-patronal du Cameroun (GICAM), du 1er juillet 2019.

Maxime OWONO

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