MAIRIE DE LBV : 24 MILLIARDS DE BUDGET DONT 21 RIEN QUE POUR LES SALAIRES

Une session ordinaire du Conseil municipal de la ville de Libreville se tient ce jour. Les conseillers municipaux seront entre autres emmenés à adopter le budget primitif 2020. L’analyse de ce budget fait ressortir une curiosité, en effet pour un budget de  24 818 187 069 FCFA, 20 845 500 996 sont consacrés aux charges de personnel, soit près de 84% du budget pour les salaires, et 16% pour l’investissement et le fonctionnement. En comparaison les mêmes charges représentaient seulement 27% du budget de la mairie de Paris.

C’est comme si pour un salaire de 200 000 FCFA, un fonctionnaire mettait 166 000 FCFA dans le divertissement et seulement 34 000 FCFA pour le loyer, la santé, l’habillement, le transport, l’école des enfants, le remboursement de la dette, les charges de la maison. Il s’agit bien évidemment d’un scénario intenable sur le long terme. C’est ce qui explique sans doute que la mairie de Libreville est incapable de transformer Libreville et de la  rendre plus belle ,comme promis par les élus locaux eux-mêmes.

Cette curiosité dans le monde de la gestion soulève aussi de nombreuses questions : quel est l’effectif total de la mairie de Libreville et ses arrondissements ? Quelle est sa grille salariale qui justifie que 83,33% des 24 818 187 069 FCFA de son budget passent dans les salaires. Pourtant, selon nos informations, les agents municipaux ne roulent pas sur l’or, et les cotisations sociales régulièrement prélevées ne sont pas toujours reversées aux organismes compétents.

Cette situation donne l’impression que la raison de vivre de la mairie de Libreville est de payer les salaires. Alors que Libreville est devenue une ville inamicale, absence d’équipements municipaux tels  que les plateaux sportifs dans les quartiers, les bibliothèques, des piscines municipales, et même des jardins amenagés. Aujourd’hui en dehors de la collecte de l’impôt municipal, l’opinion publique se demande quelle est le rôle de la mairie dans une ville livrée à elle-même.


Cette incongruité de gestion semble être une norme sur les deux derniers mandats, soit 14 ans. Le tout, au nez et à la barbe de la Cour des comptes. Pour rappel le role de la Cour des comptes, aux termes des dispositions de l’article 76 de la Constitution est d’assurer la vérification du bon emploi des crédits, fonds et valeurs gérés par les services de l’Etat ou par les autres personnes morales de droit public et de sanctionner les fautes de gestion commises à l’égard de l’Etat, des collectivités locales et des organismes soumis à son contrôle. 

La Cour ne gagnerait-elle pas à se pencher dans son prochain rapport sur le cas de la mairie de Libreville ?

Alors que la responsabilité de la gestion des ordures ménagères vient d’être confiée à la mairie de Libreville, difficile de croire que les 16% de budget restants permettent à la mairie de remplir ses missions avec efficience sans lever un nouvel impôt sur le dos des administrés.



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