POUTINE : « NOUS AVONS BIEN QUELQUE CHOSE À  PROPOSER À NOS AMIS AFRICAINS »

Le sommet Russie-Afrique débute ce mardi 22 et s’achève le jeudi 24 octobre 2019 à Sotchi. Dans une interview accordée à l’Agence russe Tass, le président russe, Vladimir Poutine, a souligné quelques enjeux de ce premier grand rendez-vous de l’histoire entre son pays et le continent noir.

En 2018, les échanges commerciaux entre la Russie et les Etats africains se sont élevés à 20,4 milliards de dollars. Ce chiffre représente une hausse de 17,2% par rapport à 2017. Mais la Russie ne représente que 5 milliards de dollars d’investissements sur le continent, la Chine, près de 130 milliards. Vladimir Poutine compte bien refaire ce retard.

Il est persuadé que la longue histoire de soutiens mutuels notamment en matière de droit des peuples africains à l’autodétermination, est un atout. « La Russie et les pays africains sont liés par des relations traditionnellement amicales, éprouvées par le temps. Notre pays a joué un rôle significatif dans la libération du continent en aidant la lutte des peuples d’Afrique contre le colonialisme, le racisme et l’apartheid. Plus tard, nous avons aidé les Africains à protéger leur indépendance et leur souveraineté, à établir les États, à mettre en place les fondements des économies nationales. Les spécialistes soviétiques et puis russes ont construit d’importants sites d’infrastructure. Des milliers d’Africains ont reçu une formation professionnelle de qualité dans nos grandes écoles ».

Le président russe a aussi reconnu que son pays s’apprête à étendre son influence en Afrique à un moment particulier. Les anciens pays colonisateurs continuent de considérer une partie du continent comme leur chasse gardée. « Ce ne sont pas seulement les pays de l’Europe occidentale, les États-Unis et la République populaire de Chine qui sont intéressés par le développement des relations avec les pays d’Afrique, mais aussi l’Inde, la Turquie, les États du Golfe, le Japon, la République de Corée, l’Israël, le Brésil. Et ce n’est pas par hasard. L’Afrique dispose d’énormes ressources et d’une potentielle attractivité économique. Il y a aussi la concurrence qui, malheureusement, dépasse parfois les bornes de la décence ».

Il accuse d’ailleurs les anciens pays colonisateurs « de pomper les richesses de l’Afrique, d’exploiter le continent sans tenir compte ni des gens qui habitent ici, ni des risques environnementaux ou autres. Ils entravent l’établissement des relations plus étroites entre la Russie et l’Afrique ». Son pays, insiste-t-il, ne le fera pas.

La Russie ne vient pas à « une “répartition” des richesses du continent », mais pour que l’Afrique se développe réellement. Il se montre plutôt bienveillant. « Nous avons bien quelque chose à offrir à nos amis africains ».


Pamphil EBO

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