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La santé pour tous, une condition indispensable pour mettre fin à l’extrême pauvreté d’ici 2030

LIBREVILLE, GABON (medias241.com)- Chacun doit pouvoir bénéficier de services de santé de qualité, sans risquer de plonger  dans des difficultés financières. Cette conviction, simple mais puissante,  souligne la nécessité d’une couverture sanitaire universelle, désormais inscrite dans les engagements pris au titre des Objectifs de développement durable (ODD).

Malgré les progrès accomplis, près de la moitié des habitants de notre planète restent privés d’accès à des services de santé essentiels. Plus d’un milliard d’entre eux ne sont pas traités pour leur hypertension et 200 millions de femmes ne bénéficient pas de services de planification familiale ni de soins maternels adaptés. Sans oublier la persistance de profondes inégalités : dans les pays à revenu faible et intermédiaire, 17 % seulement des mères appartenant au quintile de revenu le plus pauvre ont accès au minimum à six des sept services de santé essentiels, contre les trois quarts environ dans le quintile supérieur.

Le rapport s’inquiète également de l’impact financier catastrophique des dépenses de santé sur les ménages ayant un budget très serré. Chaque année, faute de pouvoir assumer ces frais, près de 100 millions d’individus basculent dans « l’extrême pauvreté » (revenu inférieur ou égal à 1,90 dollar par jour) — un chiffre qui grimpe à 180 millions si l’on se base sur un seuil de pauvreté de 3,10 dollars par jour. Mais l’effet appauvrissant de ces dépenses n’est que la partie émergée de l’iceberg : plus de 800 millions de personnes dans le monde consacrent au moins 10 % du budget familial à la santé — une part qui progresse de 3 % par an depuis 2000.

Aussi frappants soient-ils, ces chiffres tendent à occulter les drames personnels et familiaux qui se jouent mais aussi les injustices qui les ont provoqués : pneumonie fatale pour un enfant non vacciné, performances scolaires à tout jamais compromises chez un écolier souffrant d’un retard de croissance, grossesse subie pour une adolescente privée de services de planification familiale, mère victime d’hémorragies post-partum ne pouvant être transfusée ou encore paysan contraint de vendre son bétail pour payer l’hospitalisation de sa mère en phase terminale.

Le but ultime des ODD, c’est de mettre fin à l’extrême pauvreté — l’objectif même que poursuit le Groupe de la Banque mondiale. Mais ne nous voilons pas la face : sans un accès universel aux soins, tous ces efforts seront illusoires. Parce que si le nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté dans le monde a chuté depuis 2000, la proportion de personnes rendues encore plus pauvres par des dépenses de santé trop lourdes pour leur budget a pratiquement doublé sur la même période, de 8 à 15 %.

Pourtant, certaines statistiques sont encourageantes : en axant les efforts sur la santé maternelle et infantile et les maladies infectieuses (sida, tuberculose et paludisme notamment), les objectifs du Millénaire pour le développement ont permis d’élargir considérablement l’accès à des soins adaptés.

Assurer une couverture santé universelle ne relève pas simplement de l’obligation morale : c’est un moyen puissant de lisser les inégalités et de favoriser la cohésion sociale et la stabilité mais aussi de satisfaire les attentes grandissantes pour mener une vie en bonne santé, où que l’on soit.

S’il n’est pas question de proposer une formule identique partout, certains enjeux sont les mêmes et pourront donc être résolus grâce à une approche concertée pour débloquer la situation et faire circuler les meilleures pratiques.

Mais la réalisation d’un tel objectif exige de sortir des solutions ordinaires. Il faut miser sur l’innovation, à une échelle telle que les systèmes de santé en seront transformés.

 

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