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Les avocats du ministre Etienne Dieudonné Ngoubou exigent sa relaxe pour problèmes de santé.

LIBREVILLE, GABON (medias241.com)- C’est par un communiqué publié le 17 février 2018 que le collectif des avocats de l’ancien ministre du Pétrole et des Hydrocarbures, Etienne Dieudonné Ngoubou, ont réclamé sa mise en liberté immédiate. En détention préventive au pénitencier de Libreville qu’est Sans-famille depuis le 12 janvier 2017, l’état de santé du prévenu serait inquiétant, alors que la sécurité de ses repas ne serait pas garantie dans un pays où les empoisonnements se passent de commentaires.

Le collectif des avocats du ministre Ngoubou demande sa relaxe pure, simple et immédiate. Le prévenu, rappelons-le, est au gnouf depuis 12 janvier 2017, dans le cadre de l’opération dite « Mamba ». Il lui avait alors été reproché des faits de détournement de fonds publics. Sauf que, selon ses avocats : « Cette affaire caractérise à elle seule le dévoiement de la lutte contre la corruption par les Etats qui se repaissent le plus de la corruption et instrumentalisent les procédures judiciaires à leur profit. Le calvaire du ministre Ngoubou est des plus significatifs de la perversion de cette lutte sur plusieurs points ».

Ainsi, il lui est impossible « de recevoir, dans le respect de sa dignité, les visites de sa femme qui, depuis son arrestation, lui apporte à manger chaque jour, la prison étant défaillante à lui procurer de quoi s’alimenter ». Or, pour quelqu’un qui a des ennuis de santé (diabétique), son alimentation n’est pas celle des communs des mortels, mais plutôt particulière. Cependant, relèvent les avocats : « le protocole proposé ne lui permet pas de garantir la protection, la sécurité et la fiabilité nécessaires des aliments qu’il reçoit et qui, bien que protégés par un film alimentaire par son épouse, lui parviennent ouverts. »

Or, pour ce genre de cas, dont l’état de santé nécessite une alimentation précise, il est souvent admis que les plats lui soient directement remis par son épouse qui doit au préalable les goûters devant un maton.

Si le Gabon était un pays de droit, le cas Ngoubou aurait déjà été soit jugé, soit le prévenu relaxé. Cela d’autant plus qu’au regard du dossier, les avocats sont formels : « Aussi, à ce jour, il n’est pas démontré qu’un quelconque détournement puisse lui être imputé. Ce d’autant plus qu’aucun montant n’est précisé et qu’aucune ligne budgétaire n’est visée par la prévention ».

A ce titre, le collectif des avocats du ministre Ngoubou rappelle que le droit pour toute personne arrêtée d’être précisément informée des charges qui pèsent contre elle est consacré par tous les instruments internationaux comme le préalable à tout procès équitable ».

Il y a donc ici comme une odeur de détention arbitraire, sinon de règlement de comptes politiques, une sorte de punition envers un ancien allié devenu un peu trop turbulent et incontrôlable. Toujours à écouter les avocats : « l’article 143 du code de procédure pénale gabonais énonce, en des termes suffisamment clairs et précis, que la procédure en matière de détournement de fonds publics ne peut excéder une année. Celle concernant le ministre Ngoubou a largement dépassé ce délai sans qu’aucun acte significatif ne soit posé.

Dès lors, la violation desdits délais d’instruction est préjudiciable à ses droits fondamentaux ». Comme avocats, il faut relever que ces gars-là ont vraiment le sens de l’humour. Au Gabon, la loi c’est les Bongo, les Bongo c’est la loi. Ils peuvent s’asseoir dessus, il ne leur arrivera rien.

Surtout lorsqu’il s’agit de punir et d’humilier un ancien partenaire qu’on soupçonne de vouloir s’émanciper. Il est certain que Ngoubou sortira de prison, mais quand Ali Bongo le voudra. Dans un pays où nous sommes trop lâches pour revendiquer nos libertés, l’oppresseur ne peut que se montrer trop fort.

Quoi qu’il en soit, au terme de leur communication, le collectif des avocats du ministre Ngoubou a tout de même exigé sa « mise en liberté immédiate » en se fondant sur l’absence d’éléments de preuve pouvant justifier son inculpation et sur l’absence de jugement un an après un placement en détention préventive désormais arbitraire et ce au mépris des dispositions légales en la matière.

Source Le Mbandja N° 441 du Vendredi 23 Février 2018

 

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