LES CHARGEURS DE TAXIS SE LIVRENT SUR LEUR MÉTIER

Charger les taxis de passagers, c’est l’activité que de nombreux jeunes déscolarisés ont choisi d’exercer à Libreville. On retrouve certains à l’ancienne gare-routière, au PK8, dans les carrefours, dans les lieux d’embarquement le long des artères de la capitale. D’autres chargent les taxi-clandos dans les quartiers sous intégrés.

« Gare routière-gare routière, il reste une place, PK5-Awendjé, Mélen par la Caisse, Owendo la Sni, 300 francs en main, ne montez pas sans les jetons ». En véritables rabatteurs, ils annoncent à haute voix la destination des taxis qui embarquent les clients.

Orienter les passagers, charger les taxis, rappeler le tarif du déplacement, exiger d’avoir les jetons en poche, ce sont à peu près ce qu’ils ont à faire là où ils exercent. Pour chaque voiture remplie, ils reçoivent entre 100 et 200 FCFA. Mais tout dépend de l’humeur du taximan qui peut démarrer sans payer le chargement.

Exposés au soleil et à la pluie, ils travaillent souvent 6 jours par semaine toute la journée durant. Leur recette journalière est comprise entre 3 000 et 4 000 FCFA. Un budget qui ne leur permet de vivre.

Issus souvent de parents pauvres, ils ont quitté les bancs les bancs de l’école assez précocement. Beaucoup disent se débrouiller en attendant trouver un autre métier. Cependant l’activité attire parfois les voleurs. « Il y a certains clients qui nous traitent de voleurs et de bandits. Oui, ils ont raison d’une part parce qu’il y a certains parmi nous qui volent. Mais, moi je ne suis pas voleur, j’ai quitté le village pour venir faire ce métier », explique un chargeur de taxis.


Pamphil EBO