Monnaie électronique : Une augmentation de taxe qui pèse sur des Gabonais déjà asphyxiés par le coût de la vie

Le projet de Loi de finances 2025, récemment adopté par le gouvernement de la transition, prévoit une innovation controversée qui risque de frapper de plein fouet les finances des Gabonais : une redevance de 5 % sur les transactions électroniques, y compris le mobile money. Alors que les débats parlementaires s’ouvrent sur ce projet de loi, beaucoup craignent que cette nouvelle mesure ne fasse qu’aggraver une situation économique déjà difficile pour la majorité des ménages.

Avec un coût de la vie en constante augmentation, les Gabonais font face à une inflation qui grève leur pouvoir d’achat, rendant les produits de première nécessité de plus en plus inaccessibles. Les coûts du logement, des produits alimentaires et des services de base sont en hausse, tandis que les salaires stagnent. L’instauration de cette redevance, bien que censée diversifier les recettes de l’État, pourrait avoir des conséquences immédiates et désastreuses sur les poches des citoyens.

Le mobile money, un outil vital pour les ménages

Le mobile money est devenu un pilier de l’économie quotidienne au Gabon, facilitant les transactions pour des millions de personnes. En 2022, près de 4,5 millions de comptes étaient actifs dans le pays, permettant aux Gabonais d’envoyer de l’argent à leurs proches, de payer leurs factures et d’effectuer des achats en toute simplicité. Cependant, avec cette nouvelle taxe, les utilisateurs devront désormais débourser 5 % de chaque transaction en plus, qu’il s’agisse d’un dépôt, d’un retrait ou d’un simple transfert. Par exemple, une transaction de 1 000 FCFA entraînera un coût supplémentaire de 50 FCFA, tandis qu’une transaction de 1 000 000 FCFA sera taxée à hauteur de 50 000 FCFA.

Dans un contexte où de nombreux ménages vivent avec des revenus modestes, cette nouvelle taxe représente une charge supplémentaire difficile à supporter. Les plus petits transferts, souvent utilisés pour gérer les dépenses quotidiennes, seront impactés, risquant de dissuader les utilisateurs de recourir à ces services pourtant essentiels. Pour beaucoup, cette taxe semble être une nouvelle preuve que le gouvernement ne fait rien pour alléger le fardeau économique des Gabonais.

Un manque de mesures pour soulager les ménages

Le paradoxe de cette situation réside dans le fait que, malgré les difficultés économiques croissantes, les autorités ne semblent pas prendre de mesures concrètes pour alléger le panier de la ménagère. Bien au contraire, l’instauration de cette taxe alourdit encore plus les dépenses des ménages. Le coût des produits alimentaires de base ne cesse d’augmenter, et aucun geste significatif n’a été fait pour subventionner ces denrées ou pour réduire les taxes indirectes qui frappent les plus vulnérables.

Les attentes envers le gouvernement de transition sont pourtant élevées. Nombreux sont ceux qui espéraient des réformes sociales visant à soutenir les plus démunis, mais au lieu de cela, c’est une mesure qui semble cibler l’un des rares outils financiers accessibles à tous qui est instaurée. Alors que le mobile money a permis à de nombreux Gabonais de mieux gérer leur budget en temps de crise, cette nouvelle redevance pourrait freiner son usage et rendre les transactions plus coûteuses.

Un signal inquiétant pour l’avenir économique

Cette taxe sur les transactions électroniques pourrait rapporter plusieurs milliards de FCFA au gouvernement si l’adoption du mobile money continue de croître. Toutefois, les analystes s’interrogent sur les conséquences à moyen terme pour l’économie nationale. Si les utilisateurs se détournent du mobile money à cause de cette redevance, les effets bénéfiques attendus risquent de s’évaporer, au détriment des ménages les plus précaires.