Organisée par le Front patriotique Gabonais (FPG) un parti politique de l’opposition, la marche du 24 mai 2022 vise officiellement à protester contre la présence de l’armée française au Gabon. Si l’opposition rassure sur le caractère « pacifique » de la marche, cette initiative pourrait néanmoins être le lit d’un sentiment anti-français au Gabon.
S’ils ne sont pas prononcés publiquement, plusieurs leaders de l’opposition, notamment des anciens ministres ont déjà pris fait et cause pour cette marche.
Une démarche qui fait dire à un observateur que « l’opposition Gabonaise a un problème avec la France depuis le départ de l’ancien Ambassadeur Philippe Autié qui était le conseiller stratégique de plusieurs leaders de l’opposition ». Au PDG, le parti au pouvoir, cette sortie de l’ancien candidat à la présidentielle a vivement été critiquée.
« Je n’approuve pas la démarche entreprise par l’opposant Gerard Ella Nguema, d’organiser une marche dite pacifique pour dit-il exiger le départ de l’armée française du Gabon. Je crois que tout n’est pas dans la confrontation, il y a à mon sens, une voie diplomatique pour traiter des sujets d’une aussi grande importance. » a déclaré Jo DIOUMY MOUBASSANGO, un Conseiller d’Ali Bongo Ondimba.
Pour Suzanne Barat, une proche de Jean Ping, il s’agit d’un « rêve qui se réalise enfin » une posture largement partagée dans les rangs de l’ancien patron de la Commission de l’union africaine pourtant soutenu en 2016 par un bon nombre de médias français
Interrogé, un diplomate français a indiqué regretter qu’au lieu de « présenter enfin un projet de société cohérent aux Gabonais, l’opposition cherche à profiter de la propagande sur un supposé sentiment anti-français en Afrique francophone ». Du Côté des autorités, une source proche du ministère de l’intérieur rappelle que « tout sera mis en oeuvre pour garantir la sécurité des français vivant au Gabon, et qu’aucun débordement ne sera permis »

