SOCIÉTÉ : PEUT-ON LUTTER CONTRE LE CORONAVIRUS SANS TUER L’ÉCONOMIE ?

Alors que la circulation du coronavirus connaît une accélération fulgurante et que les autorités réfléchiraient à un éventuel confinement, les acteurs de l’économie formelle ou informelle font grise mine.

Les autorités mondiales et gabonaises sont confrontées à un dilemme de taille : Comment lutter efficacement contre la pandémie à coronavirus sans tuer l’économie. Face au relâchement du respect des mesures barrières la question est au centre de toutes les préoccupations. Même s’ils ne proposent rien de concret, plusieurs acteurs économiques sont formels : un second confinement affaiblirait encore plus l’économie gabonaise.

Pour Emmanuel Eyeghe, le président de l’Organisation patronale gabonaise qui répondait aux questions de nos confrères de l’Union «  une rencontre entre les gouvernants et les représentants de de l’entrepreneuriat serait plus constructive » .
La récente interdiction par la mairie de Libreville de la vente des vêtements de seconde main (Moutouki) dans les artères de la capitale, et la mise au chômage de ce fait de plusieurs centaines de jeunes gens qui avaient fait de cette activité une source de revenus principale vient de rappeler aux observateurs la part importante du secteur informel dans l’économie gabonaise. 

En Afrique, le secteur informel compte pour 40% du PIB environ, en moyenne pour les pays à faibles revenus ; 35% du PIB environ pour les pays à revenus intermédiaires. Au Gabon, sans statistiques officiels, on peut donc penser que le secteur informel participe pour 35% du produit intérieur brut.

Sans s’engager plus que ça, les grands patrons gabonais sont pour un relâchement des mesures de restrictions, et pour la mise en place de protocoles sanitaires assouplis, des positions cohérentes avec celles de leurs homologues étrangers mais à rebours des décisions gouvernementales que ce soit au Gabon ou en Finlande.

Le Gouvernement doit-il littéralement envoyer à la contamination et peut-être à la mort des populations parce que « le Gabon à moins de cas que le Bénin où le couvre-feu n’est pas appliqué » une question à laquelle peu d’acteurs économiques s’aventurent à donner la réponse.

« L’économie souffre-t-elle de la pandémie ? Sans doute. Mais pas toute l’économie : les secteurs des technologies de numérisation, de communication, de la chimie, les pharmas, les GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon) Cette partie de l’économie n’est pas à « sauver » : elle est nourrie par la crise. Et de toute façon, « pour sauver l’économie, il faut d’abord sauver les gens »,  rappellent les chercheurs américains, Phillip Alvelda, Thomas Fergusson et John C. Mallery. Ce devrait être une évidence : là où il n’y a personne, il n’y pas d’économie. »  commentait nos confrères du blog «https://causetoujours.blog» après la publication des trois chercheurs américains pour lesquels il faut sauver des gens pour sauver l’économie.

Et si au lieu de répéter des mantras les acteurs économiques gabonais faisaient preuve de résilience de solidarité, Pourquoi ne pas voir dans ce bouleversement de nos habitudes une opportunité? Où est passée la révolution numérique, et les 1200 entreprises du secteur que Junior Achievment, l’incubateur national se vantait d’avoir mis en orbite. La vente du Moutouki est interdite ? Pourquoi ne pas penser à un système de vente en ligne de type «  Vinted» ?


Pourquoi ne pas renforcer le télétravail quand c’est possible, organiser des quarts de travail pour réduire les interactions entre employés. Et la digitalisation des services? La remise en main propre, dans une bousculade absurde des résultats des tests covid-19 au laboratoire Gahouma est malheureusement l’exemple d’une administration qui n’a pas su saisir depuis 16 ans le virage du numérique malgré les «  gros discours » sur le sujet.

La question reste posée :  PEUT-ON LUTTER CONTRE LE CORONAVIRUS SANS TUER L’ÉCONOMIE ?

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