GABON /SOCIETE-TRANSPORT : LE NGORI N’EST PAS BÔLÈ !!!

Prendre le bus sans ticket. Sans débourser un centime, C’est encore possible au Gabon. Dans le Grand Libreville, Seule condition à remplir, se rendre au point de stationnement des bus de transport public, le plus proche de chez soi.  Les transports publics sont gratuits depuis avril 2020.

Un fonctionnaire gabonais de catégorie B, dont le départ à la retraite est acté pour la fin du mois d’aout 2021,  rassembla ses dix gosses, leur parla sans témoins. D’une voix peinée et consternée, il dit a ses enfants, avec mon maigre salaire, la vie n’a toujours pas été rose pour vous. La fin de ce mois je vais en retraite. Dorénavant, nous allons vivre de ma misérable pension. Ce que je vais percevoir ce mois, ne couvrira que l’achat de votre trousseau scolaire. Pour ce qui est du votre transport, je ne pourrais malheureusement plus satisfaire ce besoin. Vos souliers vont devoir s’user en parcourant chaque jour de la semaine, 5 kilomètres à pieds.

D’un ton moqueur, le benjamin de la fratrie, rétorqua, papa ne t’inquiètes pas pour notre transport. Le Ngori est là. Face à l’étonnement du papa, pas au fait de la quintessence du terme Ngori, Tous les enfants d’une seule voix s’exclamèrent, oui papa le Ngori n’est pas bôlè. A la demande de leur géniteur d’éclairer sa lanterne sur le Ngori, le plus âgé des enfants, dit, le Ngori c’est la gratuité des transports en commun. Sogatra, Trans-Urb, Trans-Akanda, le dadji Ali Bongo a dit que c’est gratos pour tout le monde. Ah bon !!! Rétorqua le père, d’un air soulagé.

Scène similaire du coté  du PK12. Albertine Nzigou ménagère chez un particulier à Bikélé, n’inscrit plus le transport scolaire de ses enfants au registre de ses dépenses mensuelles. On n’oubliera pas Gustave Assoumou, qui ne débourse plus aucun sous pour se rendre à son lieu de travail. Augmentant ainsi, le pouvoir d’achat de nombreux ménages.
La tendance semble se généraliser même dans les ménages modestes.  La classe moyenne ne fait pas exception.

Le Ngori ou le transport gratuit. On n’en parle pas. Du moins pas assez. Le vaccin contre le covid-19 faisant quotidiennement débat.

La gratuité du transport dans les compagnies publiques, relève des mesures d’accompagnement visant à atténuer les répercussions du confinement du Grand Libreville. Initialement prévue pour les agents exerçant dans les services essentiels du secteur public et privé, la mesure a été élargie à l’ensemble des librevillois. Décision du chef de l’Etat. Conscient des difficultés engendrées par le corona virus. 

Le confinement a été levé. Mais, la mesure de gratuité des transports publics prorogée. Prenant assurément place dans la politique d’égalité de chances. Le transport plus accessible et équitable pour les habitants à faible revenu ou ne possédant pas un moyen de locomotion.]  L’isolement de ces derniers est brisé. Ils se rendent plus facilement chez des amis ou chez le médecin.

L’an dernier, le nombre de passagers transportés a atteint 12,2 millions de personnes, renseigne un rapport bilan de la direction générale de l’économie et de la politique fiscale. Il était de 2,1 millions en 2019. Un record ! Logique, lorsqu’un service est gratuit, il y a moins de freins à son usage.
 
La gratuité s’inscrit aussi dans une approche de redistribution des richesses basée sur la solidarité, l’impôt et la cohésion sociale.[] Six milliards FCFA sont injectés par l’Etat, au lancement de la mesure assurée par les compagnies Trans-Urb, SOGATRA et Trans-Akanda.

Enfin, la gratuité dans les transports en commun, est une question de justice sociale, d’accompagnement des classes populaires dans leur désenclavement.
Mais cette gratuité ne va-t-elle pas nuire à la qualité du réseau ?

On pourrait croire en effet que le service des transports finirait par se dégrader avec la grat…