CTA: Traffic de molécules anti-sida dans les centres de traitement.

Des personnels des Centres de Traitement Ambulatoire (CTA) qui accueillent les malades souffrant du VIH/Sida, détournent les antirétroviraux (ARV) et  les revendent a des structures hospitalières privées. La gendarmerie nationale est à leurs trousses.

La problématique de la gestion des antirétroviraux par certains responsables des Centres de traitement ambulatoire (CTA) continue d’être un casse-tête pour le ministère de la Santé, qui entend mettre fin à l’odieux commerce des ARV. C’est dans cette optique que récemment, la direction générale de recherche (DGR) a été saisie pour faire la lumière sur les auteurs de ce trafic dans les CTA.  

Ce n’était plus un secret pour personne. Le personnel affecté dans les Centres de traitement ambulatoire qui accueillent les malades souffrant du VIH/Sida, détournent les antirétroviraux et les revendent à des structures hospitaliers privées à des sommes colossales. Ce commerce entraînait même des disputes entre les collègues qui se partageaient les gains.  Certains se sont enrichis grâce a cette mafia faites aux dépens des vies humaines. 

Le trafic a tellement pris de l’ampleur même à l’intérieur du pays qu’il est à l’origine des pénuries observées. « A l’époque où les antirétroviraux étaient vendus dans les CTA, ce trafic avait des proportions inquiétantes. Quand l’État a décidé la gratuité des ARV ce trafic a disparu. Mais là il a repris de plus belle », a expliqué une source proche du dossier. Du gardien, au psychologue en passant par les techniciens de laboratoire et les médecins, à tous les niveaux, des agents des CTA s’illustrent par le détournement des antirétroviraux. Ils les revendent à des structures sanitaires privées à des montants mirobolants. Et ce sont les personnes vivant avec le VIH/Sida qui suivent un traitement gratuit des ARV qui en pâtissent.

Le ministère de la Santé a saisi la direction générale de la recherche de la gendarmerie nationale (DGR), pour arrêter les trafiquants tapis au sein des CTA. Un trafic odieux qui a coûté la vie à de nombreux malades.

Le ministère de la Santé envisagerait de faire désormais gérer les stocks d’ARV par les pharmacies hospitalières pour mettre fin aux réseaux qui se sont installés au sein des CTA. « Les personnels des pharmacies volent aussi les médicaments soit pour la maison soit pour donner à des parents. D’autres vont plus loin en les revendant là où tout le monde sait. Certains médecins équipent leurs cliniques avec les médicaments des pharmacies hospitalières publiques », nous révèle une source très proche des pharmacies hospitalières publiques.

Les devis et factures des ARV envoyés par le ministère de la Santé au ministère du Budget et des comptes publics qui effectue le paiement directement au fournisseur enrichissent une chaîne de trafiquants sans scrupules qui précipitent un certain nombre de malades  chaque semaine six pieds sous terre.

Pamphil EBO

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