Medias241.com-GABON-CNSS : RAYMOND NDONG SIMA POINTE LE MAUVAIS CASTING ET L'EXPLOSION DE LA MASSE SALARIALE
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Dans une très longue publication sur sa page Facebook, l’ancien Premier ministre dresse un constat à la portée du plus grand nombre : le mauvais casting des dirigeants de la Caisse, les investissements à perte et la masse salariale qui absorbe près de 41 % des ressources de l’établissement alors qu’elle devait être plafonnée à 15 %

Pour Raymond Ndiong Sima, l’Etat est systématiquement au cœur des scandales financiers au Gabon, « ou plus exactement des personnes qui se servent de leur position dans les institutions de l’État pour se donner des pouvoirs et des avantages propices à ces scandales. » Une situation maintes fois décriée par les opinions publiques. En effet devant le laxisme des autorités de contrôle et de sanctions, une sorte de « qualité de l’auteur » s’est installé dans la haute administration gabonaise afin de justifier les dérives de certains responsables.

« Il en est ainsi de la CNSS. Si on prend un peu de hauteur, on comprend que la première cause de la dégradation de sa situation se trouve dans un abus de pouvoir que l’Etat s’est autorisé depuis toujours en y nommant des gérants responsables devant lui et non devant les propriétaires de l’argent qu’elle collecte à savoir les salariés et leurs employeurs. C’est bien en effet cette situation surréaliste, cet invraisemblable déni de droit qui a permis aux gérants de prendre des décisions de gestion sans rapport avec les intérêts des “actionnaires” de la Caisse. » Même si Raymong Ndong Sima ne cite pas d’exemple de pays dans lesquels un organisme public de collecte des cotisations sociales est responsable devant les cotisants, le point sur la nonchalance de l’État sur une situation qui était prévisible depuis des années à le mérite d’être évoqué.

Contrairement à Mays Mouissi, son collègue économiste qui avait opportunément soutenu que les salaires des cadres de la CNSS étaient dans la norme, Raymond Ndong Sima qui a déjà travaillé à éviter la faillite d’entreprises publiques, estime qu’il s’agit d’une dérive.

« Il y a les salaires versés aux personnels de la Caisse, systématiquement au-dessus de la moyenne des salaires versés dans les entreprises aux cotisants. En plus clair, le salaire moyen d’un employé de base, d’un agent de maîtrise, d’un cadre de la CNSS est depuis longtemps au-dessus des salaires des mêmes catégories de salariés dans la forêt, le BTP, les transports, etc. La question est alors : comment celui qui gère seulement l’argent peut-il gagner plus que celui qui produit cet argent. » a-t-il déclaré.

En octobre 2018, la lecture de documents internes publiés sur Internet avait permis de constater que le salaire du Directeur général hors avantages en nature s’élevait à 11 millions de francs CFA. Un salaire contrairement aux dispositions légales en vigueur.

Une « anomalie » qui conduit aujourd’hui la CNSS a puiser près de 50% de ses ressources pour payer les salaires de ses 1800 agents au lieu de 600 comme préconisées il y a plusieurs années.

Raymond Ndong Sima a aussi pointer les investissements hasardeux des divers dirigeants de la CNSS notamment « les programmes immobiliers, et les opérations de sponsoring sans lien avec l’objet social de la Caisse, et sans garantie du retour sur investissement. » Outre le coût direct de ces investissements, il s’est ajouté leurs charges de fonctionnement.

Autant de choix dévastateurs commis au fil des gouvernances et sur lesquels l’opinion publique aurait aimé voir les rectificatifs de Patrick Ossi Okori, le directeur de la CNSS limogé il y a quelques jours. Au contraire, ce dernier, sentant sa fin proche, ce dernier s’était lancé opération médiatique de justification indécente à son niveau de responsabilité.

Si le diagnostic posé par Raymond Ndong Sima, flirt quelque fois avec le discours populiste tant il ne fait aucune proposition concrètes, il reste aux autorités gabonaises de ne pas se priver de sa compétence en la matière, les enjeux autour de la CNSS méritent une sorte d’union sacrée des compétences.