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Décentralisation au Gabon en 2018 : La vision d’Ali Bongo Ondimba.

LIBREVILLE, GABON (medias241.com)- En déplacement à (Franceville, Sud-Est du Gabon) pour le lancement du Fonds d’initiative départementale ce 21 avril 2018, le président de la République Gabonaise a présenté sa vision de la décentralisation au Gabon.

Ci-dessous, ‘’la vision d’Ali Bongo Ondimba’’

«Le Gabon ne se résume pas à Libreville. Notre pays compte neuf (9) provinces et quarante-huit (48) départements. Tous ont leur singularité. C’est cette diversité qui fait notre richesse en tant que Nation. Il nous faut donc la préserver. C’est pourquoi le Gabon doit être harmonieusement développé en tout point de son territoire.

La décentralisation n’est donc pas une option. C’est une nécessité. Hier, elle était conçue comme un outil d’administration du territoire. Aujourd’hui, elle doit être considérée comme un levier au service du développement des territoires. La décentralisation était une modalité de gouvernance, d’action publique. Elle doit désormais avoir pour objectif prioritaire la croissance économique et la Justice sociale sur l’ensemble du territoire gabonais.

Je m’arrête un instant sur cette notion de Justice sociale. Celle-ci doit être entendue à l’échelle du territoire concerné. Autrement dit, les habitants, d’une même province, d’un même département, d’une même localité doivent équitablement profiter des fruits d’une croissance, d’un développement partagé. Mais cette notion de Justice sociale doit également s’entendre comme une volonté de Justice territoriale. Autrement dit, il doit y avoir une forme d’équité entre nos différents territoires.

Aujourd’hui encore, d’un bout à l’autre du Gabon, les 7 disparités de développement sont encore trop fortes. D’aucuns parlent de « fracture territoriale ». La formule, même si je ne peux totalement la reprendre à mon compte, a en tout cas le mérite d’être claire. Elle nous oblige également. Nous devons réduire les inégalités territoriales qui sont une forme d’injustice sociale. Et pour cela, développer le Gabon de façon harmonieuse sur l’ensemble du territoire.

A ce propos, je tiens à insister sur un point. Avant de répartir équitablement la richesse, ce qui doit être l’un des objectifs de la politique, on doit d’abord la créer. Il ne peut donc y avoir de Justice sociale sans, au préalable, qu’il y ait activité économique. C’est un point fondamental. Et ce doit être ainsi que l’on conçoit aujourd’hui, en 2018, la décentralisation au Gabon.

Il appartient donc à ceux qui la mettront en œuvre d’avoir pour priorité d’accroitre l’attractivité de leur territoire auprès des investisseurs.

De sorte que davantage d’entreprises fassent le choix de s’implanter en province, et qu’elles soient ainsi en mesure de créer les emplois nécessaires pour nos jeunes. Les jeunes Gabonais ne doivent pas avoir pour seule perspective de rejoindre Libreville ou Port-Gentil pour y travailler et faire carrière ! Ils devront demain pouvoir le faire dans bien d’autres endroits de notre pays. C’est cela ma vision du développement du Gabon pour les nouvelles générations !

Mesdames et Messieurs, C’est pour mettre en œuvre cette vision de la décentralisation au Gabon, qui doit rimer avec développement économique sur l’ensemble du territoire, que nous avons créé un nouvel outil : le Fonds d’initiative départementale. Un outil efficace au service d’un objectif ambitieux !

Le Fonds d’initiative départementale est une réponse partielle au besoin de décentralisation exprimé ici et là. Le mot “besoin” est même trop faible car il s’agit en réalité de l’impérieuse nécessité de coproduire la décision, entre l’Etat et les acteurs de terrain, pour garantir des effets plus importants.

J’ai donc retenu le Département comme échelon administratif visé par cette initiative, afin que les cantons, les regroupements de villages et les villages soient directement impactés. Ainsi, dans chaque département, un montant d’ « un milliard de Francs CFA » sera alloué aux projets structurants qui seront sélectionnés par un comité de pilotage présidé par le Gouverneur de la province concernée.

En choisissant le Gouverneur, je veux que la première autorité administrative de la province retrouve ses lettres de noblesse. Il s’agit de l’impliquer pleinement dans le processus de développement local…

Cette donne, qui annonce une évolution de ce poste hautement stratégique, nous rappelle qu’il faut innover pour gagner en efficacité dans l’action publique et accélérer le progrès dans nos provinces.

Le Gouverneur doit avoir une vision du développement de sa province. Le Gouverneur doit piloter une organisation 10 efficace qui se fixe des objectifs précis.

Il est révolu le temps des administrateurs, simples intervenants dans les chaines de commandement. L’heure est à la conduite efficace de l’action publique avec des managers publics. Des femmes, d’ailleurs absentes pour l’instant à la tête des gouvernorats – mais je compte bien y remédier –, et des hommes capables de définir des stratégies adaptées aux réalités du terrain et de garantir un fonctionnement optimal des forces publiques mobilisées autour d’actions cohérentes.

Ces nouveaux managers publics – dont certains sont présents dans l’assistance – devront garder à l’esprit, comme je l’ai rappelé plus haut, le fait qu’aujourd’hui, administrer, c’est bien. Mais c’est insuffisant. Il faut développer. Développer économiquement le territoire dont on a la charge. Or, c’est l’entreprise qui crée de la richesse. L’Etat est là pour l’accompagner, favoriser son développement et son épanouissement.

C’est comme dans un couple où chacun à son rôle à jouer. 11 C’est la raison pour laquelle les nouveaux managers publics qui mettront en œuvre la décentralisation doivent comprendre parfaitement l’entreprise, son fonctionnement, ses besoins. Ils devront tout faire pour favoriser l’entreprenariat, donner la fibre entrepreneuriale à nos jeunes. Demain, il devra être possible de créer à Koulamoutou ou à Tchibanga, son entreprise en 48 heures, comme c’est le cas aujourd’hui à Libreville.

Mesdames et Messieurs, Ainsi, et vous vous en rendez compte, la création du Fonds d’Initiative Départementale – qui est un outil pour matérialiser la vision que je viens de développer –n’est pas sans conséquence. Elle engage la responsabilité de chacun. Le principe de responsabilité est fondamental dans la dynamique que nous impulsons à l’action de l’Etat…

Sans responsabilité, pas d’efficacité

Sans responsabilité, pas de résultats

A vous les personnels et auxiliaires de commandement, mais aussi les élus locaux… sachez que votre responsabilité est davantage exigée… Vous serez encore plus redevable vis-à- vis de nos concitoyens. En effet, vous disposez désormais d’un atout supplémentaire pour agir en leur faveur.

Vous le savez, les attentes de nos compatriotes sont nombreuses… nos concitoyens veulent des résultats palpables… ils veulent du concret… les Gabonais ne veulent plus attendre. Moi non plus !

Autant l’admettre, le chantier est vaste. C’est pour cela que nous devons agir ensemble pour faire du Fonds d’initiative départementale une réussite. Nous devons conjuguer nos volontés et nos efforts afin d’œuvrer en chœur à la réalisation de notre objectif commun : la construction d’un bel édifice appelé « le Gabon ». Notre maison commune, notre nation.

Dans cette perspective, je vous incite à mettre de côté vos 13 égos et vos égoïsmes, vos appartenances tribales et ethniques…et même si besoin, vos ancrages villageois, départementaux ou provinciaux, pour – avant tout – penser et agir « collectif ».

Monsieur le Vice-président,

Mesdames et messieurs les membres du Gouvernement,

Mesdames et messieurs les présidents des Conseils départementaux,

Mesdames et messieurs les élus et autres administrateurs locaux.

Je rappelle tout l’intérêt que je porte à cet important projet et à sa mise en œuvre immédiate. Le Fonds d’initiative départementale m’apparaît comme un des leviers de développement des localités intérieures de notre pays.

Je le répète : « J’y attache du prix ».

Le plus grand prix … Je vous remercie».

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Fondation Sylvia Bongo Ondimba pour la Famille