GABON : MEURTRE SAUVAGE DE GERVAIS PATRICK EYEGHE OÙ EN EST LA JUSTICE 2 ANS APRÈS

Le 24 janvier 2020, Gervais Patrick Eyeghe, père de famille aimant et collègue de travail apprécié de tous perdait la vie sous les coups d’une foule ensauvagée par une rumeur d’enlèvement d’enfants à des fins rituelles dans Libreville.

Relayée par plusieurs confrères proches de l’opposition et leurs alter-égo « activistes » la rumeur avait enflée, chauffant à blanc les esprits de certains habitant

Quelques jours avant le drame, la police avait dû intervenir plusieurs fois sur des pillages, et des lynchages d’innocents notamment dans les quartiers dits « populaires » où certains habitants semblaient avoir été privés de toute faculté de déduction.

Ce 24 janvier peu avant midi, Gervais Patrick Eyeghe quitte son bureau de la Direction générale de la consommation et de la concurrence, il doit faire un aller-retour, il ne sait pas qu’il ne reviendra jamais. Sur le chemin de l’école de ses enfants qu’il part récupérer, il va croiser la lie de l’humanité.

Son seul crime est d’être au volant d’un SUV allemand aux vitres sombres.En effet, dans l’esprit de ces foules chauffées à blanc par la rumeur, vitres sombres égales kidnappeur d’enfants.

Profitant d’un ralentissement de la circulation, il sera extirpé de son véhicule, jugé sur place pour « enlèvement d’enfants » et battu par une foule en délire, jusqu’à ce que mort s’en suive. Ses supplications n’y feront rien. Cet homme que ses proches affectionnaient particulièrement sera assassiné en public, devant trois policiers, le tout filmé et diffusé en direct sur les réseaux sociaux.

Dans la presse, certains de nos confrères qui s’étaient fait les grands relayeurs d’enlèvements d’enfants invisibles, ne traiteront jamais cette information.

Le lendemain de cet assassinat sauvage, tous les enfants « kidnappés et assassinés » réapparaissent. « Moi j’étais chez mon ami » témoigne ce jeune garçon du lycée Mandela, un sourire imbécile aux lèvres. Pour cette autre élève d’un collège du quartier Akébé, le témoignage est plus flagrant, sa tante aurait reçu de l’argent pour simuler un enlèvement et faire une publication sur les réseaux sociaux.

Car c’est de ça qu’il s’agissait, une rumeur savamment orchestrée par certaines officines.

Très vite, des photos issues de l’assassinat en direct de Gervais Patrick Eyehe sont partagées sur les réseaux sociaux. L’objectif c’est d’aider la police à identifier les auteurs de ce meurtre crapuleux. Les forces de l’ordre emboîtent le pas en publiant le lundi 26, un appel à la dénonciation avec les photos des meurtriers.

Une « justice spectacle » dont l’opinion publique n’a plus eu de suite.

Quant aux autorités, ces dernières semblent ne pas avoir pris la mesure du danger constitué par des réseaux sociaux aux mains des manipulateurs de l’opinion. Le concert des casseroles, une manifestation citoyenne et bon enfant a rapidement dégénéré une fois aux mains des mêmes individus. Une chose impossible dans un pays comme la Côte d’Ivoire ou les réseaux ne sont plus un espace sans loi depuis des années.

La question reste posée, ou en est la justice sur cette affaire ?

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