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La culture et production de Manioc en Afrique centrale en discussion à Libreville

LIBREVILLE, GABON (medias241.com)-Libreville abrite depuis ce matin, la quatrième session ordinaire du conseil scientifique du pôle régional de recherche appliquée, au développement des systèmes agricoles d’Afrique centrale (PRASAC), sous le thème : « La production durable du manioc en Afrique centrale et intégration au marché ».

Au cours de cette assise, il sera question pour les experts et participants de se pencher sur les pistes de solutions visant à permettre un meilleur développement de cette filière à forte valeur ajoutée. En clair, la rencontre de Libreville a pour objectif principal, de renforcer la mise en œuvre des projets de recherche prioritaires dans le développement durable de la culture de manioc en Afrique centrale et bien d’autres.

« Cette 4e session du conseil scientifique vient à point nommé, pour aider à réduire certaines contraintes que le PRASAC et ses partenaires ont mis en place concernant le projet régional sur la production durable du manioc en Afrique centrale »,  a indiqué le Directeur scientifique du PRASAC, le Dr Alassa Mouliom Pefoura.

Le PRASAC a pour mandat depuis l’année 2000, de construire et mettre en œuvre des projets de recherche prioritaires pour le développement durable dans l’ensemble des pays de l’Afrique Centrale.

Présenté comme une opportunité pour les acteurs de cette filière de se rencontrer et de partager leurs expériences avec pour objectif de créer des emplois et d’accroitre des échanges commerciaux, il sera également question de parler du taux de production de ces tubercules en termes d’apports nutritifs, et surtout du volet transformation de la culture en source d’énergies, de protéines, des vitamines et des sels minéraux pour des millions de personnes issues des villes à croissance rapide.

« Les producteurs du manioc sont pauvres. Nous voulons que ces derniers puissent bénéficier de certaines aides financières, pour leur permettre d’être autonomes et de produire plus d’emplois dans leurs pays respectifs. C’est pourquoi, nous luttons pour que cette culture de manioc produise des tubercules de qualité et d’une quantité suffisante permettant aux États membres d’exporter leur différente production. Nous avons enregistré cinq qualités d’espèces de manioc dont nos agriculteurs utilisent en Afrique de l’Ouest et du Centre. Il revient aux acteurs de la plate forme, d’animer en mettant en place des projets. Nous avons mis en place un champ d’échanges, pour que ces agriculteurs puissent se former », a dit le coordinateur scientifique et technique du CENAREST et délégué national du PRASAC au Gabon, le Dr Richard Ekazama.

Avec une production de plus de 40 millions de tonnes par an en Afrique centrale, le manioc nourrit un demi-milliard de personnes dans la zone subsaharienne. Il se consomme des feuilles à la racine et donc le manioc a un fort potentiel pour contribuer à la suffisance alimentaire dans la région. Sur le plan économique, c’est une opportunité de pouvoir industrialiser les produits dérivés. En plus, pour une denrée qu’on peut cultiver et transformer dans n’importe quel endroit, ce sont des emplois qui pourraient en découler. Une réelle valeur ajoutée, seulement la filière se heurte à d’énormes difficultés.

« Nous sommes très satisfaits de recevoir aujourd’hui cet outil de travail qui nous permettra d’être à jour dans de différents évènements du projet manioc. Il n’arrivait pas de travailler dans de bonnes conditions à cause du manque de ces ordinateurs de bureau qui nous faisaient défaut. le conseil scientifique nous a également donné l’occasion d’avoir des rudiments nécessaires dans la culture de manioc. Nous aimerions que ce genre d’atelier puisse se multiplier, pour le bien être des agriculteurs », a rappelé le secrétaire général de la plate forme du projet manioc, Ibrahim Tchengue Mboulou.

Le manioc est le 3e aliment riche en calorie après le riz et le maïs. C’est l’un des aliments les plus consommés en Afrique subsaharienne du fait de sa diversité de transformation et de sa culture aisée sur les sols généreux tout comme sur des sols peu fertiles.

Consommé sous forme de racine fraiche et produits bio-transformés, le manioc fournit une riche source d’énergie, de protéines, de vitamines et de minéraux à des millions de personnes, particulièrement dans les villes en croissance rapide de la région. Selon la FAO, L’Afrique centrale fournit un tiers de toute la production agricole de manioc en Afrique.

D’un point de vue commercial, le manioc a l’avantage d’être vendu des feuilles aux racines. Le tubercule compte une série d’applications industrielles qui lui confèrent un fort potentiel en matière de développement industriel rural et d’augmentation des revenus ruraux. Une fois transformés, les produits sont consommés dans les grandes villes sous forme de chikwangue,  bobolo, entre autre, et de plus en plus, ses dérivées sont convoités sur le marché international.

Le manioc est la deuxième source d’amidon après le maïs et des variétés mises au point récemment produisent un amidon très recherché par l’industriel.  La demande de manioc comme matière première pour la production de bioéthanol, un biocarburant utilisé dans les moteurs à essence est en croissance.

Que ce soit au Tchad, en République Centrafricaine, au Cameroun au Gabon ou en République Démocratique du Congo, les défis sont les mêmes.

Les premières difficultés de la filière manioc sont liées à l’accès difficiles aux variétés améliorées. Des centres de recherches autour du manioc existent. Ils ont pour mission d’améliorer le rendement en introduisant des tubercules de qualité supérieure. Seulement, il y a un écart de connaissance entre les chercheurs  et les planteurs, bien souvent analphabètes ou ignorants.

Les obstacles sont du domaine du transport. Ils sont surtout liés aux Infrastructures routières. «  Il existe une réelle difficulté pour sortir le manioc récolté depuis les zones rurales jusqu’aux zones urbaines » se désole Aminatou Sangaré, cultivatrice centrafricaine.   La logistique est un frein. Les camions utilisés ne sont pas toujours adaptés pour transporter le manioc dans des conditions adéquates et de sécurité.  « Le cout du transport est d’ailleurs trop élevé dans ces circonstances » s’offusque Miriam Ndong cultivatrice gabonaise.

Le problème de conditionnement est également là avec son lot de stress. Surtout pour les racines, denrée hautement périssable. Robertine Debemle, chef d’une petite unité de transformation du manioc au Tchad éprouve de sérieuses difficultés à conserver ses produits faute d’emballages disponibles. Les pertes dans le chiffre d’affaire, c’est pas ce qui se fait le moins rare.

Pour conclure, le manioc n’est pas que l’affaire du producteur seul en Afrique Centrale, sa chaine de valeur doit être capitalisée au mieux, en sensibilisant les jeunes notamment, pour assurer une bonne intégration économique et contribuer à sa suffisance alimentaire dans un monde où le changement climatique est la cause principale de la diminution du potentiel de production alimentaire des pays surtout les moins développés.

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