Le FMI octroie 101,1 millions de dollars au Gabon dans le cadre d’un prêt triennal.

LIBREVILLE, GABON (medias241.com)- Le FMI a annoncé jeudi l’octroi de 101,1 millions de dollars en faveur du Gabon dans le cadre d’un prêt triennal consenti en juin, anticipant un rebond de l’économie en 2018 grâce notamment au redressement des cours du pétrole.

« La situation économique du Gabon demeure délicate mais certains signes laissent entrevoir un retournement de la tendance », estime le Fonds monétaire international dans un communiqué.

En 2017, la production pétrolière sera vraisemblablement inférieure aux prévisions, d’où une légère révision à la baisse du taux de croissance, de 1% à 0,8 %, explique l’institution de Washington.

« Cependant, l’activité dans les autres secteurs de l’économie se stabilise. La croissance devrait connaître un rebond en 2018 grâce au redressement des cours du pétrole, à la vigueur des autres matières premières et au renforcement de la confiance du secteur privé », poursuit-elle.

Le FMI précise que l’octroi immédiat de quelque 101,1 millions de dollars porte le total des montants décaissés jusqu’à présent dans le cadre de l’accord à environ 202,3 millions de dollars.

En juin, le FMI avait approuvé un prêt sur trois ans de 642 millions de dollars au titre de son mécanisme élargi de crédits (MEDC), avec un premier décaissement immédiat de 98,8 millions de dollars pour soutenir « le programme de relance à moyen terme du Gabon ».

Riche principalement de son pétrole et de sa forêt, le Gabon traverse depuis 2015 une période économique difficile qui avait été aggravée par la baisse des prix du brut et s’était traduite par du chômage, des grèves à répétition et des entreprises qui tournaient au ralenti ou mettent la clé sous la porte.

Jeudi, le FMI a invité les autorités gabonaises « à s’employer à mobiliser les recettes non pétrolières, qui ont chuté à des niveaux historiquement bas », soulignant que les difficultés économiques s’expliquaient « certes en partie par les retombées négatives du choc pétrolier et des mouvements de grève des agents des impôts ».

« Mais les autorités ont besoin d’accélérer les réformes pour réduire le recours excessif aux exonérations fiscales et corriger les faiblesses de l’administration fiscalo-douanière », a commenté Tao Zhang, Directeur général adjoint.

Depuis plusieurs années, le Gabon fait face à un environnement international qui exige des autorités une gestion exemplaire des finances publiques et une maitrise accrue de l’endettement du pays. Les ratios d’endettement du pays, maintenus à un niveau très bas lors de la fin de la dernière décennie (du fait l’opération de rachat anticipée de la Dette auprès du Club de Paris) ont augmenté ces dernières années en raison des nouveaux emprunts contractés et de facteurs principalement exogènes.

«Pour autant, la viabilité de la dette publique ne fait actuellement aucun doute, et sera préservée tant que les autorités gabonaises œuvreront pour une politique prudente et conservatrice de gestion de la dette», dit Régis Immongault, le Ministre du Développement Durable, de l Economie, de la Promotion des Investissements et de la Prospective.

Les autorités gabonaises affirment que, les emprunts obligataires internationaux contractés sur la période récente 2013 – 2017 ont exclusivement servi la réalisation d’une opération de restructuration de la dette et à financer les chantiers prioritaires liés au programme de développement du pays.

La gestion de la dette souveraine consiste, pour le Gabon, à établir une stratégie de gestion de la dette de l’État capable de mobiliser le montant de financement voulu, de réaliser ses objectifs de coût et de risque ainsi que tous les autres objectifs que les autorités peuvent avoir fixé à la gestion de la dette souveraine, comme par exemple le développement et le maintien d’un marché de titres publics performant.

Ecrit avec le soutien de l’AFP

Livraison
Urban FM