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CNSS : Grève illégitime ou défaillance du Gouvernement ?

En situation de quasi-faillite il y a moins de 6 mois, les 1976 agents de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) dont seulement 60 ont une expertise avérée, sont encore en grève. Ils réclament le paiement d’un 13e mois de salaire, alors que l’Etat peine à payer les retraites.

En mai 2022, mêlant leurs voix à celle de Patrick Ossi Okori, l’ancien directeur général qui écumait les plateaux TV, les partenaires sociaux de la CNSS appelaient l’Etat à injecter 500 millions de Francs CFA afin de sauver la CNSS de la faillite.

En réponse, le Gouvernement avait limogé Patrick Okori, le 7 juin 2022, et l’avait remplacé par un administrateur provisoire dont la mission était de piloter la réforme structurelle de la Caisse nationale de sécurité sociale.

Curieusement, alors que la situation de la CNSS est toujours dans le rouge, les mêmes partenaires sociaux exigent le paiement d’un 13e mois de salaire, soit 1.4 milliards de FCFA aux 1976 employés. Mais les partenaires sociaux ne brillent pas toujours par la cohérence de leurs revendications.

Loin de la gestion criminelle de la CNSS, dont aucun des anciens dirigeants ne répondra un jour, même s’il est de notoriété publique qu’ils ont contribué chacun à leur tour et en toute impunité à créer le chaos actuel, il y a une situation dont personne et pas même le gouvernement ne semble vouloir parler. C’est celle de l’effectif pléthorique qui plombe les caisses de cet organisme.

Selon les propos de Patrick Okori, l’ancien directeur général qui estimait déjà que la CNSS était en sureffectif, les 1976 agents de la Caisse coûteraient chaque année près de 19,2 milliards de FCFA. Parmi eux, on ne compte que 60 professionnels du secteur. Des chiffres qui ne correspondent pas aux ratios prudentiels et de performance définis par la Conférence interafricaine de la prévoyance sociale (Cipres).

Une partie de l’opinion publique, notamment les bénéficiaires des prestations de la Caisse, avait cru que la nomination en juin 2022 d’une nouvelle administration provisoire allait mettre fin à la politique de l’autruche, et affronter les problèmes avec courage. Il n’en est rien.

Pourtant, les éléments de prise de conscience de la situation réelle de la Caisse ne manquent pas. Au sein même du siège social de Glass, un immeuble de plusieurs étages ayant coûté plusieurs milliards de FCFA ne peut pas être occupé en raison de mal façon. Quelques mètres plus loin, les vestiges du projet de construction de deux « tours jumelles » et les bureaux vides de l’inutile «  CNSS IMMO » montrent que loin d’être une question d’homme, le problème de la CNSS est celui du Gouvernement qui a laissé faire sans jamais demander de compte, alors même la loi l’y invite.

Dans quelles conditions le 13e mois de salaire avait-il été accordé aux agents de la CNSS ? Alors que les tensions de trésorerie de cet établissement public datent de plusieurs années. Pourquoi ne pas avoir adossé ce bonus à la bonne santé financière de l’établissement ? Mieux encore pourquoi manquer d’audace et supprimer simplement ce 13e mois dont la revendication bruyante devient, chaque jour, plus indécente, au moment où plusieurs centaines de retraités peinent à toucher la pension de toute une vie de travail.

Pourtant Gouverner, c’est prévoir

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